
Le lac
Kariba
CARTE
Le barrage
de Kariba a été très controversé, socialement et écologiquement, au moment
de sa construction. L’énorme vallée, qui maintenant abrite le lac Kariba, a
survécu et la plupart des espèces animales et végétales ont pu s’adapter à
ces nouvelles conditions.
Ce lac
artificiel renferme un gros potentiel touristique et il représente la
solution au chômage dans la région et se montre bénéfique pour l’économie.
Le peuple Tonga, dont la terre d’origine se trouve aujourd’hui sous le lac,
bénéficierait le plus du développement touristique.
Lorsque le
barrage fut terminé en 1960, c’était le plus grand barrage jamais construit.
Le lac mesure 220 km de long et jusqu’à 40 km de large et fournit la Zambie
et le Zimbabwe en électricité.
L’immensité
du lac Kariba, le plus grand lac artificiel du monde, est le théâtre de
paysages spectaculaires. A ne pas manquer : la tombée de la nuit lorsque le
soleil jette ses derniers rayons sur les eaux scintillantes, inondant ainsi
les arbres et les îles immergés du lac de sa lumière pourpre.

Histoire
La Fédération de l’époque
qui englobait la Rhodésie du nord et la Rhodésie du sud (aujourd’hui
respectivement la Zambie et le Zimbabwe) et le Nyasaland (Malawi) est à
l’origine de la construction de ce barrage. On voyait cela comme un grand
pas en avant. Mais afin de transformer les plaines inondables du Zambèze
en lac, il fallait inonder de vastes zones de forêts, la faune perdrait
son habitat naturel et les villages locaux devraient être relocalisés.
Cependant, l’analyse économique du projet a convaincu les autorités que le
lac serait avant tout bénéfique pour la population malgré les sacrifices
et les dommages occasionnés.
La végétation a été
brûlée afin que le lac soit riche en minéraux provenant du bois brûlé et
les nombreux arbres restants ont pu servir d’habitat pour la faune de la
région.
La construction du
barrage a commencé à la fin des années 1950. Plus d’un million de mètres
cube de béton fut versé dans un mur haut de 36,6 mètre et large de 24
mètres afin de supporter la pression des 10 millions de litres d’eau par
seconde qui passent par le déversoir. A la fin de 1958, les vannes
d’écluse furent fermées et en 1963, le niveau maximum fut atteint.
Nyaminyami
Le nom « Kariba » fait
référence à un rocher qui aurait jailli hors de l’eau à l’entrée des gorges
et qui se trouve maintenant enterré tout près du barrage, plus d’une
centaine de mètres sous la surface de l’eau. De nombreuses légendes
racontent que ce rocher abritait NyamiNyami, le grand dieu du fleuve. Ce
dernier, apprenant que les habitants de la vallée devaient quitter leur
terre tribale et que le Zambèze serait bloqué, laissa éclater sa colère ;
l’eau du fleuve se mit à bouillir et inonda le pont des hommes blancs.
Légende ou réalité ? En tout cas, avant que le barrage ne soit inauguré en
1960, une grande partie avait été inondée par le Zambèze lors de sa
construction.
En
effet, en 1957, un an après le début de la construction, le fleuve a débordé,
détruisant ainsi de l’équipement et les routes d’accès au site. L’année
suivante, le Zambèze a une nouvelle fois débordé (3 mètres de plus que
l’année précédente) alors que les chances d’une deuxième inondation à un an
d’intervalle était d’une sur mille. Cette fois-ci, le fleuve a détruit le
pont d’accès, le batardeau et une partie du mur principal. Nyaminyami
s’était vengé : ses eaux ont inondé le site en déversant plus de 16 millions
de litres par seconde. Une telle inondation ne pourrait se produire qu’une
seule fois en 10 000 ans. Bien que l’homme ait gagné la bataille lorsque le
barrage a finalement ouvert en 1960, le dieu de la rivière avait acquis un
certain respect.
Le peuple déplacé
Cette région était
peuplée de 50 000 personnes d’origine Batonga et qui ne voulaient pas
quitter leur terre. Même si on leur avait trouvé des terres un peu plus
haut dans la vallée, ils étaient réticents à l’idée de quitter leurs
terres d’origine et craignaient que cette migration ne réveille la colère
de Nyaminyami.
Les inondations
destructrices n’ont fait qu’alimenter leurs peurs. Il a fallu beaucoup de
mois et de patience pour convaincre ces habitants que le barrage
produirait de l’électricité - un luxe qu’ils ne connaissaient pas - pour
tout le pays. Ils ont fini par céder et sont partis vers ces nuvelles
terres après avoir honoré les dieux de leurs anciennes terres. Des écoles
et des cliniques ont été construites et on leur a installé des puits. Les
nouveaux villages se trouvant au bord du fleuve ont pu se développer grâce
à la pêche. Mais beaucoup luttent pour faire pousser leur récolte car le
sol est beaucoup plus sablonneux que celui qu’ils travaillaient au bord du
fleuve.
En reconnaissance de
leurs sacrifices, Zesco (Zambia Electricity Supply Company), la compagnie
d’électricité zambienne, a fondé le projet Gwembe-Tonga pour aborder les
problèmes sociaux et écologiques causés par la construction du barrage.
Les questions principales du projet sont : la réhabilitation des routes,
un réservoir d’eau propre, l’accès à l’électricité, la construction
d’écoles, l’amélioration de la production agricole et du système de santé.
Afin d’éviter de refaire les mâmes fautes que par le passé, les
communautés sont impliquées dans toutes les phases du projet.
Opération
Noah
Lorsqu’on a commencé à
remplir le barrage, il est devenu évident que des milliers d’animaux
seraient emprisonnés au milieu de ce lac sans pouvoir rejoindre les rives.
On a pu rassembler des fonds pour acheter des bateaux et du matériel pour
les secourir.
Ce projet a été nommé
Opération Noah. C’était un travail énorme et rempli de dangers : les
arbres submergés menaçaient d’endommager les coques des bateaux et les
îles qui s’étaient formées grouillaient de mambas noirs mortels. Cependant,
un grand nombre d’animaux a pu être sauvé.
La
pêche
Le lac artificiel est un
vrai paradis pour les poissons. La fertilisation du lac a permis à la
faune aquatique de se multiplier. L’introduction de kapenta, de petits
poissons ressemblant à des sardines, dans le lac Kariba a été un réel
succès. Des bancs de kapenta ont été transportés par avion du lac
Tanganyika jusqu’au lac Kariba en 1967.
Les kapenta sont séchés
afin de pouvoir être facilement distribués dans des régions où le poisson
est rare. A partir de 1970, la pêche du kapenta a pu devenir commerciale.
De nos jours, l’industrie de la pêche du kapenta est florissante et elle
ne cesse de se développer. Il s’agit maintenant de limiter les licences
afin de ne pas surexploiter le lac.
Le lac Kariba regorge
également des célèbres poissons-tigres, véritable adversaire pour le
pêcheur expérimenté.
Quand y aller
On peut s’y rendre toute
l’année mais il fait très chaud de novembre à février. Les meilleurs mois
pour visiter le lac Kariba sont avril-mai et septembre-octobre.
Comment s’y rendre
Depuis Lusaka, il faut
conduire jusqu’à Siavonga, en traversant la magnifique Zambezi Rift
Valley. Il faut environ deux heures et demi pour arriver au lac Kariba, en
empruntant une route en bon état. Empruntez la T2 en direction de Chirundu
et tournez à gauche sur la M15, 18 km avant la frontière avec le Zimbabwe.
Depuis le Zimbabwe, il faut prendre l’embranchement pour Kariba et
traverser le barrage jusqu’à Siavonga. Un projet d’aéroport à Siavonga est
en cours.
Où
se loger
Le côté zambien du lac
Kariba n’est pas très riche en infrastrucutres touristiques. Les hôtels se
trouvent à Siavonga, à côté du barrage. Si vous voulez être au milieu de
la nature, essayez
Gwembe Safaris
un peu plus bas sur le lac vers Sinazongwe où se trouve une île privée de
600 hectares sur le lac qui regorge d’antilopes de toutes espèces et
d’oiseaux par milliers. C’est un paradis pour l’amoureux de la nature, de
la pêche et des oiseaux.
Lake Kariba Inns
se trouve sur les bords du lac à Siavonga, à deux heures de route de
Lusaka. C’est un endroit très prisé pour passer les weekends ou pour
organiser des congrès. Il y a 36 chambres, une piscine, une salle de
sport, une péniche, des activités aquatiques et un restaurant célèbre pour
ses bons repas.
Chete
Island deluxe tented Safari Lodge
est situé sur une île au milieu du lac qui regorge de faune protégée par
le statut du Parc national de Chete. Le lodge est paisible, loin des
bateaux à moteur, des péniches et des voitures à safari. Il se trouve au
milieu d’un archipel d’îles excentrées qui n’ont jamais été visitées par
des touristes et parsemées de plaines inondables, de gorges et de forêts
de Lowveld. Depuis le lodge, le seul dans le Parc national de Chete, vous
pouvez admirer les magnifiques couchers de soleil sur le lac, une
expérience inoubliable.
Leisure Bay Lodge
est parfaitement situé sur les rives du lac dans de sublimes jardins et
piscine avec vue sur le lac. Excellent pour les congrès ou les conférences.
Eagles Rest Chalets:
se trouve sur les bords du lac, à 8 km du barrage et à 2 heures et demi de
route de Lusaka. Ils proposent les formules suivantes : Bed & Breakfast,
pension complète, « self-catering » (aucun repas n’est pris en charge),
camping et péniche. Des excursions sont proposées pour aller visiter la
salle de contrôle du barrage ou pour visiter des villages culturels. Il
possible de faire des safaris en canoë dans les gorges du Zambèze et sur
le Zambèze.
Manchinchi Bay Lodge
à Siavonga comprend 30 chambres air-conditionnées avec balcon donnant sur
le lac. Ce lodge possède une jetée depuis laquelle on peut faire des
croisières au coucher de soleil, se rendre sur une des îles aux alentours
pour faire un barbecue ou faire un safari de plusieurs jours sur le lac.
Lake Safari Lodge
est un hôtel spécialisé dans les conférences avec des chambres simples
mais un très bon bar/restaurant. On peut y pratiquer des sports aquatiques
comme le ski nautique.
Kariba North Bank
Guest House propose un hébergement bon marché.
Il est aussi possible de
faire des croisières sur le lac.
Matusadona House
Boat propose des croisières de 3 à 5 jours avec trois membres
d’équipages et un maximum de 6 clients. Le prix inclut tous les repas et
le bar. L’itinéraire prévoit un arrêt à la réserve naturelle de Kota Kota
pour djeuner et faire un safari en voiture.
Hooligan Houseboat
effectue des excursions d’une journée, déjeuner et coucher de soleil
inclus.
Cipembere Camping
Boat accueille des groupes de 10 personnes maximum. On dort sur le
pont sur des matelats ou dans des hamacs. Le bateau possède un barbecue,
des toilettes et une douche. Formules pension complète ou self-catering au
choix. Bon temps garanti !
Sandy Beach Lodge
est une excellente aire de camping avec possibilité de louer des
bungalows. Cherchez les panneaux à Siavonga.
A
voir
Si vous vous rendez à
Siavonga ou à Kariba, il faut absolument visiter le barrage, ne serait-ce
que pour se rendre compte de l’immensité de cette énorme structure. Un
panneau à l’entrée explique et décrit la construction du barrage. Le mur
est assez large pour pouvoir se promener dessus.
De là, on peut admirer,
d’un côté le vaste lac qui s’étend à l’infini et de l’autre la descente
brusque dans la gorge. Le contraste entre les deux paysages est à couper
le souffle.
A 21 km de Chirundu, en
direction de Lusaka, se trouve la Chirundu Fossil Forest, une fôret
fossiliséé contenant des arbres de plus de 150 millions d’années.
Que faire
La pêche sportive dans la
région de Siavonga n’est plus aussi bonne qu’elle l’était. Cependant, un
peu plus bas, vers Sinazongwe a lieu la compétition annuelle de
poisson-tigre, en mai, qui attire les pêcheurs de tout le continent.
Si
vous avez votre propre bateau, le lac est un superbe terrain de jeux pour
toutes sortes de sports aquatiques. Le côté zambien n’est pas aussi
développé que le zimbabwéen et votre bateau sera sûrement le seul en vue.
Il est vivement
recommandé d’effectuer une croisière sur une péniche, surtout un soir de
pleine lune pour voir le soleil couleur pourpre se coucher d’un côté du
lac alors que la lune se lève de l’autre côté faisant scintiller les eaux
du lac Kariba.
La plupart des hôtels
louent des bateaux et un projet pour construire une marina est à l’étude.
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