Le peuple zambien

 

 Tribus

Cérémonies

La Zambie compte seulement 10 millions d’habitants dans un pays qui fait la moitié de la superficie de l’Europe. Après l’indépendance, les offres d’emploi dans les mines de cuivre et dans les industries associées à celles-ci ont entraîné un fort exode rural. La Zambie est ainsi devenue l’un des pays les plus urbanisés d’Afrique. Environ 1/5ème de la population vit dans la Copperbelt au nord de la capitale mais la plus importante concentration de population se trouve dans Lusaka avec 2 millions d’habitants. Le pays se retrouve alors parsemé d’immenses territoires inhabités.

Culture

La culture zambienne contemporaine est un mélange de valeurs et de traditions matérielles et spirituelles de plus de 70 ethnies différentes. La majorité des tribus zambiennes ont peuplé la zone a la suite de plusieurs vagues migratoires il y a quelques siècles. Elles se sont agrandies et beaucoup de tribus ont migré vers d’autres territoires afin d’y installer leur royaume, leurs champs et leurs pâturages.
 

 Avant la période coloniale, la région maintenant connue sous le nom de Zambie abritait un grand nombre d’états libres. Chacun avait des liens économiques avec les autres états et avec le monde extérieur à l’aide de routes commerciales vers les côtes est et ouest de l’Afriique. Ils exportaient principalement du cuivre, de l’ivoire et des esclaves en échange de textiles, de bijoux, de sel et de matériel.

Pendant la période coloniale, le processus d’industrialisation et d’urbanisation ont rassemblé des populations d’ethnie différentes ayant les mêmes intérêts économiques.

 

Ceci, ainsi que l’influence non négligeable des standards occidentaux, a généré une nouvelle culture sans suivre consciencieusement quelque directive politique. La plupart des habitants ruraux ont conservé leurs valeurs et coutumes ancestrales.

Après l’indépendance en 1964, le gouvernement a reconnu que la culture jouerait  un rôle déterminant dans le développement d’une nouvelle nation et a commencé à explorer la question d’une identité nationale. Des institutions comme le National Heritage Conservation Commission ont été créées afin de promouvoir et protéger la culture zambienne. Des musées privés ont vu le jour et des villages culturels ont été fondés afin de promouvoir l’expression de talents artisitques.



 

Musique et danse

La musique et la danse zambiennes revêtent différentes facettes : tantôt  calmes ou agitées, tantôt bondissantes de vie ou débordantes de joie. On passe d’un spectacle époustouflant d’acrobaties au rythme des battements de tambour aux plus fines subtilités du son et du mouvement.

Beaucoup d’instruments traditionnels sont encore joués dans le pays même si le désir de jouer des instruments occidentaux ne cesse d’augmenter. Les instruments traditionnels les plus courants sont le « piano à mains », un petit instrument aux clés de fer montées sur une boîte rectangulaire et pincées par les deux pouces, ainsi que le « silimba », sorte de xylophone avec une rangée de clés plates en bois. L’instrument le plus courant reste néanmoins le tambour qui joue un rôle important dans les rituels, les cérémonies, les célébrations et la communication communautaire.

La danse fait partie intégrante de l’expression musicale parmi les Africains, sert à exprimer leurs idées et reflète la vie et les pensées des siècles passés : le trouble et la paix, la tension et le calme, la conquête et la défaite.

Les influences occidentales et celles du reste de l’Afrique sont bien ancréesdans les goûts musicaux de la génération actuelle zambienne. Dans les grandes villes, les discothèques remplacent les sons de la rumba et du Kwela par des groupes locaux qui chantent pour les jeunes occidentalisés.

 

Artisanat

La diversité culturelle de Zambie lui confère une grande variété de savoir-faire traditionnel. Il existe une grande diversité d’artisanat dont la meilleure vannerie d’Afrique.

 L’économie de la majorité des artisans est fondée sur la pêche, le bétail ou la culture agricole. L’artisanat est souvent une activité saisonnière pour compléter le revenu des familles. A l’origine, l’artisanat était confectionné pour effectuer du troc et il était fabriqué en accord avec les besoins des autres villageois.Pour beaucoup de fermiers, l’artisanat est le seul moyen d’avoir de l’argent.

 Les pots et paniers traditionnels sont en train d’être remplacés, dans les régions les plus peuplées, par des articles manufacturés, en plastique ou en fer. Une grande partie de la nouvelle génération n’a jamais appris à fabriquer de tels objets, vue la faible demande pour ces articles et d’autres ont commencé à confectionner des objets plus modernes comme des abat-jours, des paniers à linge et des meubles.

 Heureusement il existe des organisations comme Zintu Handicrafts à Lusaka, le Nayuma Museum à Mongu, le Tonga Museum à Choma et le Moto Moto Museum à Mbala qui veulent stimuler la production d’un artisanat de qualité d’un point de vue tradtionnel ainsi qu’en tant qu’expression d’art contemporain.

 La vannerie, exercée par les hommes et les femmes, est une activité très courante. Leurs différentes formes et matières premières  servaient  à illustrer l’environnement dans lequel ces objets étaient confectionnés : bamboou, lianes, racines, roseaux, herbes, feuilles de papyrus, écorce et sisal. Ils sont décorés de dessins symboliques à l’aide de teintures traditionnelles faites à partir de terres, racines, écorces et feuilles de couleurs différentes. L’utilisation de la vannerie est très variée : stockage et transport, passoires,  tamis à farine, sets de tables et nattes pour dormir.

 Ce sont souvent les hommes qui travaillent le bois, le sculptent et fabriquent des canoës, des meubles, des cannes, des ustensiles, des bols ainsi que des masques, des tambours et des sculptures en forme d’animaux. Les potteries sont souvent réalisées par des femmes qui façonnent la glaise avant de la faire cuire sur le feu.

 La Commission subventionnant la création artistique visuelle de Zambie

 Pour un aperçu de l’artisanat local, connectez-vous sur site d’Enock Ilunga

La vie urbaine

Lorsque les habitants ruraux décident de quitter leur village, ils se dirigent vers les grands centres urbains, soit Lusaka, Livingstone et les villes se trouvant sur la Copperbelt. La transition est assez difficile car trouver un emploi, motif de leur départ, est assez difficile. L’impact sur les villes a été immense : les bidonvilles ont poussé autour des périphéries sans eau ni électricité favorisant les maladies et la criminalité. Mais ces bidonvilles regorgent de personnes qui ont opté pour le système D. Les industries maison bourgeonnent : des tailleurs, des cordonniers, des vendeurs de légumes, des cambistes de rue et des centaines de vendeurs dans les rues qui vendent de tout, des poêles, des prises électriques, des piles en passant par des fruits, des légumes et des noix. Cependant, le taux de chômage est actuellement de 60%.

 Malgré la poussière et le malaise de la ville, celle-ci demeure très attrayante. La campagne est peut-être plus saine, plus ouverte et libre mais pour beaucoup de jeunes, cette vie est monotone comparée à l’action et l’énergie que dégage la ville. Les grands marchés qui se sont développés dans les villes sont comme un monde dans un monde. Des milliers de petites boutiques en bois serrées les unes contre les autres proposent un large éventail de marchandises dans un marché sans fin. L’ambiance est très animée dans les marchés car ils servent aussi de lieu de rencontre.

L’impact sur les villages ruraux sera desastreux car ce sont surtout les jeunes hommes de moins de 25 ans qui partent en laissant les femmes pour s’occuper des enfants et des champs et ces dernières doivent vivoter toutes seules car les hommes gagnent peu d’argent en ville et donc en envoient peu ou pas. De moins en moins de fermiers traditionnels gagnent leur vie grâce à l’agriculture et aux récoltes.

 La Zambie va devoir faire face à cette situation, non seulement pour attirer les gens vers la campagne afin de cultiver les terres mais aussi s’assurer que ceux qui ne quittent pas la ville soient proprement employés.

 Il existe depuis peu une classe moyenne bien éduquée et riche composée principalement de cols blancs et d’entrepreneurs. Beaucoup de femmes occupent des positions haut-placées, possèdent leur propre société et plusieurs occupent des postes au sein du gouvernement.

La vie rurale

L’économie africaine, avant l’arrivée des Européens, était essentiellement rurale. La pêche, la chasse et l’agriculture étaient la seule façon de survivre. Comme la population n’était pas trop importante, ces activités étaient viables. Avec l’accroissement de la population et l’attrait des villes, la vie rurale a connu de grands changements. La majorité des villages sont dominés par les femmes qui doivent maintenant compter sur leur propre personne pour gagner de l’argent afin de subvenir aux besoins de leurs nombreux enfants et bien souvent à ceux de leurs aînés.

Dans les villages, les enfants deviennent adultes à un très jeune âge, surtout les filles. Peu parviennent à commencer l’école avant l’âge de dix ans et ils sont considérés comme adulte à 15 ans seulement avec toutes les responsabilités que cela implique : mariage, éducation des enfants et entretien des champs. Seul un faible pourcentage d’enfants terminent l’école primaire dû au coût élevé des uniformes, des livres et des frais scolaires divers pour lesquels les parents doivent payer. En moyenne, une femme a entre 6 et 12 enfants et il est impossible de leur offrir à chacun une scolarité. Le désir d’avoir de nombreux enfants est toujours présent malgré les prrivations que cela entraîne : avoir des enfants est vu comme un investissement à long terme.

 Les guérisseurs traditionnels jouent un rôle important dans la communauté et chaque village a son propre guérisseur qui soigne les malades à l’aide de plantes et de racines.

 Les différentes tribus ont chacune leur propre style de village. Certaines construisent leurs maisons en terre et chaume, d’autres en briques sur lesquelles ils peignent des motifs. Il faut parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau ou du bois.

 Bien que la vie soit dure dans ces villages excentrés, les habitants ne sont pas malheureux. On se contente de choses simples et les problèmes sont partagés avec tous. Les corvées quotidiennes se font en groupe et sont l’occasion de se rassembler et discuter. Tout le village contribue aux mariages et aux enterrements qui ne seraient pas abordables autrement. Il n’y a pas d’invitation officielle et tout le monde peut venir.
 

Coutumes

Un grand nombre de coutumes tribales ne sont pratiquées que dans les milieux ruraux car les jeunes de la ville aspirent aux coutumes occidentales.

Il faut se saluer avant toute conversation. Si une personne vient vers vous, c’est à vous de la saluer en premier. Un homme doit attendre que la femme lui tende la main avant de tendre la sienne pour la saluer. Offrir des cadeaux à un invité est un signe d’honneur, d’amitié ou de gratitude. Il ne faut jamais refuser un cadeau et le prendre avec les deux mains tout en remerciant celui qui vous l’offre.

 La dot, « lobola », coutume très courante, est un témoignage de reconnaissance envers les parents de la femme. Dans la plupart des tribus, la mariée est emmenée dans le village de son mari la veille du mariage. On cuisine de grandes quantités de nourriture et on brasse de la bière artisanale pour célébrer le mariage. Tout le village prend part à la cérémonie, on danse, on chante et on joue du tambour pendant deux ou trois jours. Ensuite, les aînés entretiennent les mariés sur la préservation du mariage. La mariée ne doit pas cuisiner avant que les parents de son mari lui aient montré les casseroles et l’âtre.

 Les enterrements sont aussi un grand évènement dans les villages. Tous se cotisent afin de couvrir les frais. La douleur se traduit par les pleurs, les chants et les danses dans lesquels l’émotion transparaît. Pendant la période de deuil, les hommes et les femmes se séparent : les hommes restent dehors et les femmes dans la maison de défunt. Après les longs discours et les remerciements, tout le village se dirige vers le lieu de sépulture pour rendre un dernier hommage au défunt. 

 

Santé et éducation

L’école primaire et l’accès au soin sont gratuits pour tous. Cependant, les infrastructures sanitaires sont insuffisantes et on manque de médecins : il en faudrait deux fois plus pour répondre aux besoins de la population actuelle.

 95% des enfants en âge d’aller à l’école primaire sont inscrits à l’école mais seulement 20% continuent en secondaire et  2% des jeunes âgés de 20 à 24 ans vont a l’université. L’analphabétisme n’est que de 27% mais le taux d’abandon à l’école est très élevé. Dans les zones rurales, l’accès à l’éducation est entravé par le manque d’infrastructure, de transport et d’enseignants.

 Teach Zambia est une organisation à but non-lucratif qui rassemble des fonds pour construire une école dans la zone rurale de Mazabuka. 

Kasisi Orphanage        

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Traduction: Elodie Pasquier
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