Histoire
©Tim Holmes

Les premières traces de vie, origine

 Malgré les efforts effectués par les archéologues, les anthropologues et les historiens, la Zambie demeure très mystérieuse et les spécialistes sont confrontés à de nombreuses difficultés lorsqu’il s’agit de pénétrer les temps reculés. Des outils vieux de 200 000 ans ont été retrouvés autour des Chutes Victoria, et les ossements de celui que l’on nomme "The Broken Hill Man" ont été retrouvés par plus de 80 mètres de profondeur pendant des opérations de forage non loin de la ville de Kabwe. Il aurait vécu il y a plus de 150 000 ans. Ceci laisse à penser que la Zambie   fut l'un des berceaux de l’humanité.

Mais pour la période suivante, les investigations sont rendues plus délicates. Les archives écrites sont inexistantes et aucune trace d’écriture n’est identifiée avant celles datant des années 1890. Le travail de reconstitution est donc effectué à partir des traditions orales, ce qui pose bien sûr un problème de méthodologie et de chronologie certain. Cependant, les   différentes études effectuées sur la Zambie s’accordent pour mentionner la présence fort ancienne de Boschimans. Ces études insistent également sur l’importance qu’ont revêtu les migrations Bantoues dans le processus de peuplement du pays. Ainsi, des groupes prédominants se seraient installés petit à petit : les Bisa, les Lala, puis les Bemba, les Lunda, les Lozi et plus récemment les Ngoni, qui fuyaient les Zulus.

 

David LivingstoneLa colonisation

Les informations les plus précises sont disponibles bien plus tardivement dans l’histoire du pays. Vers la fin du XVIIIè siècle, le territoire de "Zambie" accueille les  explorations pionnières des Portugais, puis celles du célèbre David Livingstone. Celui-ci fut l’un des premiers européens à consacrer sa vie aux découvertes des mystères de l’Afrique. Il se rendit en "Zambie", à l’époque "Rhodésie du Nord", en 1841 pour le premier de ses trois grands voyages, descendit le Zambèze jusqu’à son embouchure et fit des découvertes de première importance telles que les chutes Victoria.

Victoria Falls with rainballAu début du XIXè siècle on commence à examiner les gisements de cuivre.  La présence des européens est alors la plus limitée possible (150 en 1900), et les Indigènes ont du mal à s’organiser par rapport aux conditions que leur impose la "British South African Company" (BSA Company - compagnie créée par le  britannique Cecil Rhodes dans la région) tant pour la distribution des terres que pour l’exploitation minière. Par la suite, missionnaires, chasseurs trafiquants et chercheurs  d’or pénètrent progressivement la région.

En 1890, sous l’impulsion de Cécil Rhodes, la BSA Company obtient par charte les droits du souverain des Lozis sur l’exploitation minière du pays, et cela en échange d’une promesse de protection de ce peuple.

C’est l’apogée de "la Ruée", du "Scramble", et dès la fin du XIXème siècle, la Rhodésie du Nord est clairement sous domination britannique. Cécil Rhodes, qui cultivait le rêve de construire une transcontinentale allant du Cap au Caire en passant par Lusaka, n’a pas hésité à user de sa grande   notoriété en Grande-Bretagne pour que le pays s’intéresse à la Rhodésie du Nord.

En 1924, le "Colonial Office" se substitue à la BSA Company et on entre dans une nouvelle phase, celle du protectorat qui durera jusqu’en 1953. Les britanniques mettent en place le système de l’"administration indirecte" (Indirect   Rules) en s’appuyant sur les structures existantes pour exercer leur pouvoir, et notamment sur les chefs autochtones. L’avènement de l’industrie automobile et les besoins grandissants dans le domaine de l’armement profitent au pays,    puisque cela permet le développement considérable des mines de   cuivre. Les techniques d’extraction s’améliorent, et la population blanche s’accroît rapidement. De nombreuses mines sont ouvertes, et de plus en plus de travailleurs africains sont engagés pour y travailler.

Malgré tout, l’argent du cuivre ne profite pas réellement à la Rhodésie du Nord. Seulement 20% des bénéfices sont effectivement reversés au pays. Des tensions entre les Blancs et les Noirs commencent à  apparaître, et de nombreuses associations se créent, appelées à se métamorphoser plus tard en partis politiques. La question de l’unification avec la Rhodésie méridionale (actuel Zimbabwe) se pose à cette époque, et la population indigène   redoute les suites d’une telle fusion, de peur de perdre encore plus dans cette alliance. Finalement, le retour des Conservateurs au pouvoir en Grande-Bretagne en 1951 va être déterminant pour l’avenir de la Zambie. Les Conservateurs sont   plus réceptifs aux arguments des colons que les travaillistes.

Une Fédération des deux Rhodésie (Zambie et Zimbabwe aujourd'hui) et du Nyassaland (Malawi) est mise en place en 1953 et durera 10 ans.

 

Depuis l’indépendance

Des tensions intercommunautaires se font ressentir rapidement, notamment dans le Copperbelt, favorisant l’apparition de mouvements nationalistes. Le principal leader   est Kenneth Kaunda, disciple de Gandhi. Quelques années plus tôt, il avait déclaré que la révolte Mau-Mau kenyane ferait figure de pique-nique à côté de ce qui se passerait si le gouvernement fédéral continuait à ignorer les droits des   Africains en Zambie. Aux élections de janvier 1964, le parti de K. Kaunda, l’UNIP, prend 55 des 85 sièges de l’Assemblée sur le thème : "un collège, un peuple, un pays" et Kenneth Kaunda devient le premier président de la Zambie. La voie lui    est ouverte pour négocier l’indépendance et en assumer les    responsabilités. Le processus de décolonisation va dès lors se révéler plutôt expéditif, et le 24 octobre 1964, la Rhodésie du Nord accède à l’indépendance et devient la Zambie.

Une Première République est instaurée, adoptant un système  parlementaire pluraliste à l’anglaise, avec un président et un vice-président. Mais ce système va se révéler très vite inadapté, et le régime va basculer vers une très forte  concentration des pouvoirs dans les mains de K. Kaunda. Celui-ci nomme et révoque à discrétion aux postes clés alors que l’état d’urgence est proclamé d’emblée, que la  Constitution est amputée et que l’indépendance du pouvoir judiciaire est remise en cause. La politique officielle de correction des inégalités se voulant humaniste, et lasituation financière étant plutôt bonne à l’époque, de nombreux programmes sont lancés, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Cependant, d’une économie libérale, on passe à un système où l’État opère des prises de   contrôle stratégiques, et notamment dans le domaine des mines. A cette époque, et encore à l’heure actuelle, l’économie demeure totalement dépendante de la fluctuation des cours du cuivre dans la mesure où aucune politique de diversification   n’a été mise en place. Dans le domaine de l’agriculture, la priorité déclarée est le maïs, dont la production est placée sous le contrôle de l’Etat.

En 1973, Kaunda utilise le prétexte des tensions au sein du parti dominant, "The United  National Independance Party" et les multiples confrontations avec les formations d’opposition pour imposer le parti unique. A cette date, le parti unique est donc instauré au nom de la stabilité du pays dans le cadre de la Seconde République, et  le régime ne va cesser de se durcir. La nouvelle Constitution datant de cette même année ne modifie pas fondamentalement le système élaboré dans la Constitution de 1964.

Or, dans le milieu des années 70, la situation économique se dégrade fortement, les cours du cuivre chutent et la production diminue. Au début des années 1980, le régime est de plus en plus contesté. On assiste à la montée d’une coalition  anti-Kaunda, assez hétéroclite, qui poussera ce dernier à accepter le retour au pluralisme politique et l’organisation d’élections libres. C’est le syndicaliste Frédéric Chiluba et son "Mouvement pour la démocratie multipartite" (MMD) qui   remporte les élections présidentielles en 1991.

La principale stratégie du nouveau régime est de dénoncer sans cesse les tares de l’ère Kaunda, et Chiluba use de cette dénonciation pour obtenir les faveurs du peuple. Il se fait très vite le   défenseur des valeurs néo-libérales. Sa réélection en 1996 a toutefois été contestée. Le bilan d’une décennie au pouvoir de Chiluba est marqué par l’instauration plus ou moins réussie d’un régime démocratique en Zambie. Mais ce bilan est à  nuancer considérant la détérioration du climat politique, l’enlisement des réformes et les accros à la "bonne gouvernance".

De fortes tensions politiques ont été suscitées    par la perspective émise d’un troisième mandat de Frederick Chiluba. En avril 2001 toutefois, il annonce son retrait officiel de la course à la présidentielle, et appelle le  peuple à voter pour Levy P. Mwanawasa, qui est élu en janvier 2002 , au cours d’un scrutin contesté.

[french/travel/_private/datelast.htm]

Retour à la page d'accueil Guide de la Zambie

Design : Africa Insites 
pour le
Zambia National Tourist Board
Traduction: Elodie Pasquier
webmaster/editor      © copyright  


um="13806" endspan -->